L’impact du COVID-19 sur les commerces alimentaires

Par Laura Lecuyer

Après avoir abordé l’impact de la crise du COVID-19 sur le comportement du consommateur, nous allons, dans cet article, voir quel est l’impact sur les commerces. Lors de l’allocution du président sur le confinement en date du 12 mars, le chiffre d’affaires des produits de grande consommation (PGC) français a enregistré un record : plus de 2,7 milliards d’euros en une semaine alors qu’habituellement on se situe autour de 2 milliards.  A la vielle du confinement, Nielsen montre, dans son rapport, une augmentation de 237% du chiffre d’affaires des PGC.

D’après les rapports Nielsen, ce sont les marchés et hypermarchés qui souffrent le plus du confinement (-36% et -6% de chiffre d’affaires respectivement). A contrario, les supermarchés, les enseignes de proximité et les supermarchés discount ont vu leur chiffre d’affaires augmenter, spécialement les enseignes de l’e-commerce (+81% du CA).

Concernant les magasins de proximité, leur chiffre d’affaires a augmenté de 26% en milieu urbain et de 32% en milieu rurale. Toutefois, ce type de commerce et très dépendant des « non-résidents ». En effet, les commerces à proximité des aéroports, des gares et des métros ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 10%. Ainsi que celui des établissements à proximité des attractions touristiques et d’entreprises de plus de 500 salariés, a diminué respectivement de 8% et 4%.

Un autre gagnant s’installe sur le podium : l’e-commerce. La part de marché des commerces en ligne, pendant la période de confinement, est de 9,9% par rapport à celle de janvier 2020 qui s’élève à 7,9%. En effet, les chiffres indiquent que le nombre de foyers ayant effectué au moins un achat en ligne se portait à 4,9 millions au 21 avril 2019 alors qu’au 19 avril 2020, ce chiffre est de 7,4 millions ; ne explosion des ventes ayant eu lieu à partir du 23 février. Les consommateurs dans l’inquiétude de contracter le virus ont préféré se tourner vers le Click & Collect, celui-ci totalise une hausse de 82%. Par ailleurs, le drive et la livraison à domicile ont vu une croissance de respectivement 80% et 93%. De plus, selon Nielsen, dû à une forte demande Auchan Drive, E.Leclerc Drive et Carrefour Drive ont eu un taux de rupture respectif de 22,9%, 15,7% et 11% la première semaine de mai.

Du côté des hypermarchés, la situation est relativement pessimiste. De manière générale, l’offre en magasin a diminué de 10%. Les centres commerciaux de plus de 40 000m² devront rester fermés, ceci représente 118 établissements, soit une superficie de plus de 7 millions de mètres carrés. Bien que depuis 2019, le chiffre d’affaires des hypermarchés soit en baisse, le confinement a fortement accentué la tendance avec une perte de 17%. À court terme, ce sont essentiellement les hypermarchés en milieu urbain qui seront les plus perdants (-7,4%) a contrario du milieu rural (+3%)

Sources

https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/webinar/2020/webinar-covid-19-enseignements-et-perspectives/

https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/la-france-desormais-en-mode-confinement/

https://www.e-marketing.fr/Thematique/cross-canal-1094/Breves/etapes-evolution-comportements-achat-face-Covid-348183.htm

L’impact du COVID-19 sur le comportement des consommateurs

Par Laura Lecuyer

La crise du COVID-19 a eu un impact sans précédent dans notre société et a certainement modifié durablement certains comportements. Nous vous proposons dans cet article d’étudier quels ont été les principaux changements dans le comportement des consommateurs durant cette crise. 

L’impact du COVID-19 sur le comportement des consommateurs

Une recherche publiée par le cabinet d’étude britannique Kantar le 25 mars montre que durant le confinement, les consommateurs ont nettement augmenté l’utilisation d’internet (+70%), de la télévision (+63%) et des réseaux sociaux (+61%). Le cabinet Nielsen a quant à lui établi une augmentation des ventes de gels désinfectant pour les mains dès le mois de janvier (+46 000 unités). En effet, selon Nielsen, 48% des Français se désinfectent plus qu’avant les mains et 44% d’entre eux nettoient plus soigneusement leurs aliments. Au 26 avril, la vente de gant de ménage a enregistré une croissance de 238%. Il semblerait également que 70% des Français soient prêts à dépenser deux fois plus dans des produits offrant une assurance supérieure à l’hygiène qu’avant la crise du Covid-19.

Lors de la semaine du 17 au 23 février, les premiers signes de stockage sont apparus. Cependant, ils n’étaient pas encore visibles sur le papier toilette, les boissons et le lait. Toutefois, on a observé une augmentation de +17% sur l’essuie-tout, +13% sur les pâtes et +11% sur la farine.

La semaine suivante, la France est passée au stade 2 de l’épidémie, ayant pour effet l’augmentation des craintes des consommateurs. C’est à partir de là qu’ils ont commencé à anticiper leurs achats. À titre d’exemple, les ventes de pâtes et de conserves de poissons ont augmenté de +100%, les céréales de +70% ainsi que les conserves de légumes, l’huiles et l’eaux de +40%.

La semaine du 16 au 22 mars a enregistré une augmentation record du chiffre d’affaire sur les produits de grandes consommations. À la vielle du confinement, Nielsen reporte une augmentation de +237% du chiffre d’affaires et +35% le jour du confinement. Le rapport montre également que les consommateurs ont nettement augmenté l’utilisation de la livraison à domicile (+90,2%), du drive (+74,3%) et ce sont aussi tournés vers les commerces de proximité (+68,3%).

La semaine du 23 mars, ce sont trois autres rayons qui ont enregistré une forte croissance des ventes. En effet, l’hygiène a augmenté de +85%, l’épicerie salée de +71% et le rayon papeterie de +69%. Le montant moyen des courses par foyer a lui aussi considérablement augmenté, dépassant parfois les 500€.

Durant le mois d’avril, les consommateurs ont beaucoup plus fréquenté les commerces de proximité. En effet, les primeurs ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de +106%, les boucheries de +68% et les spécialistes du bio de +22%.

Avec le confinement, les consommateurs ne sortant que très peu de chez eux, voir plus du tout, les femmes ont donc eu tendance à moins utiliser les produits de beauté. En effet, au 26 avril on enregistre -47% pour l’achat de produits coiffants, -52% pour le maquillage visage, -56% pour le maquillage yeux et -74% pour le maquillage lèvre. La dépense moyenne enregistrée est de 20€ par foyer, contre 23€ en moyenne habituellement. Ceci correspond au montant mensuel enregistré le plus bas depuis 2018.

Côté alimentaire, il y a eu un net regain d’intérêt pour la cuisine et la pâtisserie. 54% des Français ont profité du confinement pour acheter des produits de première nécessité afin de réaliser eux-mêmes leurs repas. L’achat d’épice a augmenté de 153%, la farine de 145% et les produits de pâtisserie de 85%. Il y a également eu un effet de stockage du confinement. Les consommateurs ont beaucoup plus acheté de produits surgelés : poissons (+59%), fruits (+66%), viandes (+55%) et les légumes (+44%). Le bio a eu la cote auprès des consommateurs. Enfin, depuis le début de la crise, 63% des français préfèrent consommer des produits d’origine française ou locale.

Dernier point cocasse : nous dirigeons-nous vers un baby-boom post-confinement ?  Si l’on en croit l’étude de Nielsen, l’achat de préservatifs a nettement diminué et celui de tests de grossesse a fortement augmenté. A la fin de la semaine du 19 avril, les ventes de tests de grossesse ont augmenté de 37% contrairement à celles des préservatifs qui ont diminué de 26%. Affaire à suivre…

Sources :

Webinar visionnable sur : https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/webinar/2020/webinar-covid-19-enseignements-et-perspectives/

Articles : https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/grande-consommation-record-de-ventes-avant-le-confinement/

https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/la-france-desormais-en-mode-confinement/

https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/covid-19-et-achats-de-precaution/https://www.e-marketing.fr/Thematique/cross-canal-1094/Breves/etapes-evolution-comportements-achat-face-Covid-348183.htm